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La flûte enchantée de Mozart : magique et engagée

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L’œuvre, créée deux mois avant la mort de Mozart, fait figure de testament du génie. Pour d’autres, elle est surtout le message explicite de son engagement maçonnique.

 

En 1791, sur un livret signé de son ami Schikaneder, acteur et directeur de théâtre, Mozart entreprend de composer un « Singspiel », opéra en Allemand où se succèdent scènes chantées et parlées. L’auteur y a mêlé références de contes du Nord et thématiques égyptiennes en un récit riche en personnages et péripéties.

 

L’histoire est celle du prince Tamino, tombé amoureux de Pamina, fille de la Reine de la Nuit. Retenue prisonnière dans le palais du sage Sarastro, le serviteur maure de celui-ci, Monostatos, la poursuit de ses assiduités. L’oiseleur Papageno, qui avait feint avoir sauvé le prince de l’attaque d’un dragon, tente de libérer Pamina, à qui il confie son vœu de rencontrer lui aussi l’âme sœur. Munis, l’un d’une flute enchantée, l’autre d’un carillon magique que leur ont offert les suivantes de la reine, ils vont affronter défis et ennemis jusqu’au triomphe final de l’amour et de la justice.

 

Derrière l’argument fantastique, les symboles sont puissants. Mozart, initié à la Franc-maçonnerie en 1784, défie et mystifie les autorités en distillant dans le conte des clés évidentes pour les observateurs avisés. Car la cour impériale autrichienne considérait les Francs-Maçons responsables de la révolution française et fustigeait leurs sympathies.

Pourtant, les péripéties de l’opéra évoquent les étapes initiatiques du futur franc-maçon et portent les valeurs du mouvement. Le temple comme décor, les épreuves surmontées par les protagonistes, la confrontation avec la tentation, les condamnations au silence rappellent les rites et l’invitation à la sagesse, à la moralité et l’égalité des loges maçonniques, prônant l’acquisition de la connaissance et l’amour de l’autre. Les dualités soleil (Sarastro) et lune (la reine de la Nuit), spiritualité (Tamino) et matérialisme (Papageno), noirceur (Monostatos) et pureté (Pamina) traduisent le combat de la lumière contre l’obscurantisme.

 

Destiné au profane comme à l’initié, l’opéra ravit tous les publics, celui qui est sensible à sa féérie comme celui qui y décèle un message philosophique. La forme populaire du Singspiel a contribué à un accueil enthousiaste. L’œuvre est présentée pour la première fois le 30 septembre 1791 à l’opéra de Vienne, sous la direction du compositeur, avec Schikaneder dans le rôle de Papageno. Son succès est immédiat et « La flûte enchantée » atteindra les 100 représentations en une année.

« La flûte enchantée » a donné lieu à des adaptations cinématographiques, ses airs ont été utilisés en bande son dans des films fameux, dont « L’ange bleu », et dans plusieurs publicités. Le talent d’artistes prestigieux comme Chagall, Kokoschka ou Topor a été sollicité pour créer le décor des diverses créations de cet opéra.

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